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Marsha P. Johnson : « Sa mission était de répandre la paix et la gentillesse »

4–6 minutes

Personnalité célèbre des années 70, interprète, travailleuse du sexe, drag queen, militante et aimée de tous.tes… sa mort reste encore un mystère aujourd’hui. Pour ce premier article de Pour Ma Cause : In-justices vous présente Marsha P. Johnson.

Photo de Marsha P. Johnson qui tient une coupe d'un liquide non identifié. Elle sourit grandement, son rouge à lèvres rouge rappelle les couleurs de la composition florale qui est sur sa tête. Des bijoux dorés et bleus sont posés sur son cou et décendent jusqu'à sa robe rose bonbon.

Marsha P. Johnson

25 ans de lutte

Il est évident, que l’événement pour lequel elle est la plus célèbre est les « émeutes de Stonewall »

Archives en noir et blanc des Émeutes de Stonewall. On y voit des policiers poursuivre et attaquer des personnes homosexuelles qui fuient en descendant les escaliers.

Stonewall, 28 juin 1969

(28 juin 1969). Nom qu’on a donné au premier soulèvement populaire lgbt+ contre les violences policières. Connue surtout par rapport à la rumeur qu’elle aurait été la première personne à avoir lancée un projectile sur la police anti-émeute. Rumeur qu’elle réfutera dans une interview d’Eric Marcus (1987), les émeutes ayant déjà commencé quand elle est arrivée vers 2 heures du matin.

Cet événement, qui fut fondateur dans le mouvement de lutte pour acquérir la liberté et les droits des personnes lgbt+ amena un an plus tard Marsha à la toute première Pride de l’histoire en juin 1970. Elle y sera accompagnée de ses amies, notamment Sylvia Rivera avec qui elle fondera STAR (Street Transvestite Action Revolutionaries). Elles géreront jusqu’en 1973 la STAR HOUSE.

Photo d'archives en noir et blanc représentant Marsha tenir une banderole "STREET TRANSVESTITES ACTION REVOLUTIONARIES"

Tout à droite Marsha P Johnson tenant une banderole « STREET TRANSVESTITES ACTION REVOLUTIONARIES »

« Avec Marsha, on a lancé STAR House pour que les jeunes aient un foyer » _Sylvia Rivera (Marsha P.Johnson : Histoire d’une légende)

Toujours en 73, durant la pride de New York, le comité d’organisation estimant qu’elle et son amie Rivera donnaient « mauvaise réputation » à la communauté LGB, elles furent interdites de défiler. À cette époque (et encore aujourd’hui), la communauté transgenre, travestis et drag-queens étaient marginalisés. Considérés comme des parias, même au sein des organisations lgb, cette communauté était considérée avec mépris. Bien que l’annonce fût dure, cela ne découragea pas nos deux fondatrices de STAR et elles décidèrent de marcher juste avant la marche.

« Elle était la Rosa Parks des LGBTQ+ » _Victoria Cruz (Marsha P.Johnson : Histoire d’une légende)

Photo d'archives de la première commémoration de l'anniversaire des émeutes de Stonewall

Commémoration du 1er anniversaire des émeutes de Stonewall

Marsha était très investie dans l’aide à la personne. Connaissant la dure réalité de la vie des jeunes « pas comme les autres », elle était toujours dans la générosité et le soutien. C’est pourquoi, elle luttera aux côtés de Act Up, association politique qui aidait à sensibiliser et soutenir la communauté pendant l’épidémie du SIDA à New-York. Elle rejoindra également la Gay Liberation Front ; assistera au rassemblement Christopher Street Liberation Pride.

En vraie militante, comparé à son amie Sylvia qui n’hésitait pas à hausser la voix et à afficher son fort caractère partout où elle allait ; Marsha était dans le rire, l’amusement et les réparties déconcertantes.

Photo en noir et blanc montrant Sylvia Rivera et Marsha P.Johnson sous un parapluie, derrière une barrière de police. Sylvia brandit son point tandis que Marsha serre le parapluie, en souriant.

À gauche : Sylvia Rivera À droite : Marsha P. Johnson

« Sa mission était de répandre la paix et la gentillesse » _ Agosto Machado, cofondateur du mouvement LGBT (Marsha P.Johnson : Histoire d’une légende)

Un mystère autour de sa mort

Ce que nous savons c’est que le corps de Marsha P. Johnson a été retrouvé le 6 juillet 1992 dans l’Hudson River, pas loin de la jetée où les travesties avaient le droit de stationner. La police, après l’avoir repêchée la laissèrent là, sur le sol. Les détails qui entourent sa mort restent encore 30 ans après floues. Des témoins affirment qu’elle disait se faire harcelée par la mafia, suivre par des individus, et qu’elle fuyait en direction de l’Hudson River la nuit où elle est décédée. Hormis cela, nous ne savons pas grand-chose. La police (que les habitants disaient qu’ils étaient corrompus par la mafia) de l’époque ne crut pas bon d’enquêter plus concrètement et classèrent l’affaire en « suicide ». Théorie que les proches ainsi que toute personne qui a rencontré Marsha au moins une fois refusent de croire.

En 2012, l’affaire est rouverte grâce à l’Anti-Violence Project, donc Victoria Cruz en était membre. Bien que des détails s’ajoutent au dossier, la mort de Marsha ne sera pas résolue.

L’héritage de Sainte-Marsha

– Tout d’abord le film-documentaire Netflix : « Marsha P. Johnson : Histoire d’une légende » où l’on retrace les moments de sa vie puis l’enquête sur sa mort reprise par Victoria Cruz.

– L’Institut Marsha P. Johnson dont la mission « est de permettre aux femmes noires et trans et à toutes celles qui ne se conforment pas à la binarité du genre d’obtenir un soutien financier et logistique en vue d’enrayer les violences dont elles sont victimes ».

– Une série de polaroids parmi les autres clichés d’Andy Warhol : Ladies and gentleman. Série de photos dédiées aux drags queens.

– Et pour finir : sa célèbre phrase clé. À un juge qui lui demanda ce que signifiait le « P » dans son nom, elle répondit « Pay It No Mind » (N’y fait pas attention).

Photo d'Andy Warhol, Marsha lève les yeux au ciel, en souriant grandement. On reconnait son maquillage exagéré.

Photo : Andy Warhol (Ladies and gentleman), 1974

Décédée à 47 ans, Marsha P. Johnson aura vécu sa vie de manière à être la plus libre possible. Elle ne cherchait qu’à vivre sa vie aux côtés des siens, d’acquérir et obtenir les mêmes droits que les autres. Elle aimait rire, chanter, interpréter, donner ses biens dès qu’on lui disait qu’ils étaient beaux. Aimée de tous.tes, son nom perdure encore aujourd’hui. Elle reste et restera l’une des figures féminine, noire et trans les plus inspirantes pour la communauté LGBTQIA+ et ses allié.es.

« Combien d’années faut-il pour que les gens réalisent que nous sommes tous des frères, des sœurs et des êtres humains au sein de la race humaine ? »

Photo de Marsha portant une robe blanche avec deux motifs sombreros. Son sourire avec ses lèvres rouges rappelle la composition fleurale dans ses cheveux.

Sources :

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