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#MahsaAmini ou la révolte des femmes iraniennes

2–3 minutes

La nouvelle tourne depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux. Que ce soit sur Tik Tok, Instagram, ou dans la presse médiatique, on ne voit que son nom : Mahsa Amini. On ne voit que les mêmes images : des manifestations dans les rues de militant.es iranien.nes, des femmes iraniennes qui enlèvent leur voile et les brûlent en signe de protestation.

Manifestations d'habitant.es irannien.nes contre la mort de Mahsa Amini

Militant.es iranien.nes manifestant après la mort de Mahsa Amini. 22/09/21 Source : AFP

Pourquoi parle-t-on de Mahsa Amini ?

Originaire du Kurdistan, elle avait 22 ans et rendait visite à sa famille dans la capitale. La police des mœurs l’arrêta sous le prétexte de « port de vêtements inappropriés », autrement dit : parce que son voile était « mal mis ».

Pourtant, deux heures après son arrestation qui ne devait être selon les autorités qu’« un cours d’instructions », elle sera transportée à l’hôpital inconsciente. Elle tombera dans le coma et décèdera 3 jours plus tard.

L’annonce de sa mort par les autorités révolteront alors la population iranienne.

Photo de Mahsa Amini vivante, portant son voile noir.

Mahsa Amini Photo : BBC

Une version officielle suspecte

Mais que lui est-il arrivé ? Une jeune femme âgée de 22 ans, décrite par sa famille comme en bonne santé, qui s’évanouirait subitement et qui tombe alors dans le coma.

Eh bien, d’après les autorités et le rapport du médecin légiste, Mahsa Amini aurait eu « une attaque cardiaque et cérébrale ».

Témoignage qui sera tout de suite réfuté par sa famille, notamment son père qui certifie que Mahsa était en bonne santé.

La révolte est lancée

Depuis l’annonce du décès de la jeune femme iranienne, les manifestations ne s’arrêtent pas. Que ce soit sur Tik Tok en se filmant en train de se couper les cheveux ou de brûler leur voile, ou dans les rues en train de scander « À mort la dictature », les femmes iraniennes montrent leur colère face à ce qu’il s’est passé. C’est une première en Iran, jamais autant de femmes ne s’étaient rassemblées pour défendre une même cause : la leur.

Certains hommes les rejoignent aussi, épuisés à leur tour de l’oppression du gouvernement.

Une militante iranienne se coupant les cheveux en public en protestation contre ce qui est arrivé à Mahsa Amini

Une militante iranienne se coupant les cheveux en public en protestation contre ce qui est arrivé à Mahsa Amini. Photo : Europe 1

Une situation étouffante

Depuis la mise au pouvoir du président iranien actuel : Ebrahim Raïssi, l’autorité de la police des mœurs (« chargée de contrôler les tenues des femmes et le respect de la loi islamique », Loopsider) s’est vue renforcée. Les femmes iraniennes voient leurs droits encore plus restreints : faible capacité d’être employée dans les métiers dit « féminins » (éducation, gynécologie) ; obligation de porter le voile etc. Sur les réseaux sociaux, elles décrivent à quel point leur situation est étouffante et certaines déplorent la situation politique et sociale de leur pays.

Comme le dit Hugo Décrypte dans sa dernière vidéo : « L’enjeu est de savoir si ces manifestations vont se poursuivre et continuer à dépasser le cas de Mahsa Amini pour devenir plus largement une remise en cause du régime actuellement en place et de ses règles« .

Capture d'écran de la vidéo d'Hugo Décrypte.

Sources :

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