Depuis plusieurs années déjà, le terme d’Enfant Intérieur (appelé Inner Child en anglais) résonne sur les différents réseaux sociaux. On peut alors voir des pères de famille s’amuser avec plus d’entrain que leurs enfants, des jeunes femmes se réconciliant avec leurs dessins animés préférés etc.

Illustration : Amer Karic
Mais qu’est-ce que l’Inner Child ?
Les premières études de psychologie à ce sujet remontent aux années 40, principalement aux États-Unis. Le psychiatre Carl Gustav Jung démontrait alors le fait que la plupart des sauveurs dans les mythologies, étaient des enfants-dieux.
C’est dans les années 60 que le psychologue américain Eric Berne développe sa théorie. Selon lui, notre Monde Intérieur (Inner World) est habité par trois états du Moi (notre personnalité dans son ensemble) :
1) Le Parent qui établit les règles
2) L’Adulte qui décide, résout les problèmes et pense
3) L’Enfant qui ressent et réagit
Théorie qui sera critiquée : il existe effectivement beaucoup plus de sous-personnalités. Cette critique émise par Hal et Sidra Stone sera renforcée par leur propre méthode appelée le Dialogue Intérieur. Le but étant d’entrer en contact avec ses sous-personnalités. Inspirée de la psycho synthèse on identifie toutes les parties fragmentées de notre psyché et on retrouve notre vrai Moi afin de commencer une transformation intérieure.
L’Enfant Intérieur est donc la partie en nous, la plus sensible, spontanée. Mais cette partie de chaque individu, s’est fait abandonner durant l’une de ses étapes de développement. Cet abandon créé ainsi du mal être en l’Adulte que nous somme.
« Quelle personne es-tu si tu n’es pas capable d’empathie, d’amour et de compassion pour ce qu’il y a de plus petit et de plus fragile en toi ? »
Que faire pour guérir notre Enfant Intérieur ?
La méthode que nous propose John Bradshaw est de découvrir à quel stade du développement de notre Inner Child nous l’avons abandonné.
Mais la question se pose : comment faire pour rencontrer et dialoguer avec notre Enfant Intérieur ?
1) Les postures de l’enfant
En adoptant une posture d’enfant, on se reconnecte avec sa naïveté, son innocence, ce qui créé une première connexion avec notre Enfant Intérieur.
2) « Pardon » et « Merci »
Rappelons-nous que nous l’avons abandonné, mis de côté, rejeté. Il est cette partie de nous qui attend notre affection, le moins que l’on puisse faire pour lui c’est de lui demander pardon.
« Pardon de t’avoir abandonné, pardon de ne pas t’avoir écouté, pardon de t’avoir oublié. » Le but n’étant pas de se culpabiliser mais plutôt d’aller vers de la rédemption.
Et dites-lui merci ! « Merci de veiller sur moi », « Merci de m’écouter », « Merci de tenir bon ».
3) Dialoguer
Parler lui, écrivez-lui. Le dialogue sous n’importe lesquelles de ses formes. On peut se sentir bête ou honteux de se mettre à parler à notre Nous enfant, mais c’est important. Il vous écoute toujours parler sans pouvoir dire quoique ce soit, cette fois-ci montrez-lui que vous êtes aussi là pour lui. Par le dessin par exemple !
Le but n’est pas de créer le dernier chef-d’œuvre du siècle. Mais le dessin peut être une manière pour votre Enfant Intérieur de s’exprimer ? La plupart des enfants aiment dessiner, gribouiller. Laissez-le faire ! Il vous montrera sûrement ce qu’il ressent, ce dont il a peur, ce qu’il aime. (Conseil : si vous êtes droitier utilisez votre main gauche ; gauchers, utilisez votre main droite)
4) L’attention est le mot-clé
Sans vouloir culpabiliser les personnes qui vous ont éduquées : soyez le parent que vous auriez aimé avoir. La personne qui vous connait le mieux est vous-même. Vous apprendrez ainsi à gérer, aimer, chérir, consoler votre Enfant Intérieur, tout comme l’ont fait vos parents avec vous. Votre Enfant Intérieur possède des défaillances affectives, aidez-le avec elles.

Illustration : pinnochijo (Tik Tok)
Pour pouvoir faire tout ceci il vous faudra faire ces choses :
–> Comprendre d’où vient votre conflit intérieur :
En mettant le doigt sur ce qui vous rend malheureux, vous prendrez conscience de ce que vous ressentez.
Ex : Si Marc se sent seul dès que ses amis quittent sa maison, il arrivera à prendre conscience d’une peur de la solitude et probablement de l’abandon. Ainsi, à chaque fois qu’il se retrouvera seul, il ne se demandera plus pourquoi il se sent si déprimé. Il pourra alors travailler sur ce point, pour devenir confortable avec l’idée de se retrouver seul.
L’Enfant Intérieur en vous, a été habitué à être jugé, que ce soit par vous l’adulte qui l’empêche d’être qui il est, ou par les autres adultes, extérieurs, qui sont conditionnés à ce qu’en grandissant, nous nous détachions de notre « immaturité ». Rappelons par ce fait, qu’il n’y a rien d’immature à laisser notre Enfant Intérieur agir et penser.
–> Aimez-le, questionnez-le :
On peut avoir du mal à comprendre ce dont a besoin notre Enfant Intérieur, ce dont il a peur. Il faut alors le questionner, ainsi vous apprendrez à mieux le connaitre et par conséquent à mieux vous connaitre. Faites-le avec empathie, les Enfants Intérieurs y sont très sensibles.
« Tant que l’adulte juge et méprise, l’enfant intérieur se tait et se renferme sur sa souffrance. Il n’y a pas d’espace d’amour et de réparation possible ». Margaret Paul, Renouer avec son enfant intérieur. https://apprendreaeduquer.fr/guerir-son-enfant-interieur/
Il faut donc savoir accepter sa souffrance. Chose qui peut être difficile à faire, mais qui aidera votre Enfant Intérieur à se sentir écouté, et vous à guérir de maux passés.
–> Être attentif :
Quotidiennement, demandez-lui des choses simples : que veux-tu faire aujourd’hui ? veux-tu marcher ou prendre les transports ? Que veux-tu manger comme dessert ?
Lorsqu’il y a des conflits ou des événements douloureux, soyez là pour lui : que ressens-tu ? Pourquoi tu ressens ça ? Comment je peux t’aider à aller mieux ?
Lorsque des souvenirs remontent : à quoi ça te fait penser ? Papa ou maman ressemblent à cette personne ?

À quoi ça sert ?
Bien que le processus puisse prendre du temps. Nous parlons quand même de travail sur soi, développement personnel, psychothérapie etc. Concepts d’apprentissages et de pratiques qui peuvent être éprouvant en fonction des personnes. Mais les conséquences positives à tout ceci en valent la peine :
Pour le vous Adulte : vous vous sentirez enfin uni, complet. Le fait de se prendre en main est réjouissant et épanouissant.
Pour le vous Enfant : il se sentira libre, en sécurité avec vous, et développera enfin une confiance en lui.
Le fait de comprendre qu’en chacun de nous, il existe un Enfant brisé, qui attend d’être guéri, parce qu’il n’est pas ou plus capable de le faire seul, est décisif. Autant dans son développement à lui, que dans votre vie de tous les jours.

