Certainement, que vous avez entendus parler de l’emballement médiatique autour de Disney. Faisant partie de la polémique, l’ayant même alimentée involontairement, le cas de Disney se devait de se retrouver sur ce blog.

Pourquoi Disney ?
En Floride, la compagnie Walt Disney a une place économique importante, notamment grâce au Walt Disney World Resort et ses nombreux parcs d’attractions qui accueillent plusieurs millions de visiteurs chaque année et qui en emploient tout autant au sein de ses locaux.
Comme pour beaucoup de gros organisme, ici : the Walt Disney Compagny, l’image de l’entreprise face à des événements politiques peut prendre un coup surtout si son discours ne correspond pas avec les valeurs qu’elle dit défendre. C’est ce que s’est passé pour Disney.
Rappelons-le, la loi Don’t Say Gay avait commencé en février 2022, pourtant, beaucoup de personnes (surtout des employés des parcs d’attractions Disney en Floride) ont été étonnés et choqués de ne pas entendre la parole du CEO : Bob Chapek. Des artistes, des portes-paroles, des associations, même le Président Joe Biden se sont opposés publiquement et explicitement face à la loi lgbtophobe. Tout ça, sous le regard blessé et frustré des fans, de la communauté LGBTQIA+ et des employés Disney qui attendaient toujours la prise de parole de Bob Chapek, le grand patron.

Photo : AFP (Archives) Bob Chapek
15 jours de crise
Pendant 15 jours, Bob Chapek et l’image même de l’entreprise s’est pris des coups à en tuer plus d’un. Manifestations des We Say Gay, lettres administratives d’employés vers la direction, prise de parole des militants contre Bob Chapek, articles journalistiques, culpabilisation des associations, LGBTQIA+, grèves des employés Disney…
Le coup de trop ?
Il y en a eu 3.
– 1er coup : Financement politique controversé
Disney contribue effectivement au financement de certains élus du parti républicain mais également à celui du parti démocrate (à noter que le leur est légèrement majoritaire). Le reproche qu’a été fait à l’entreprise était basé sur les idées des candidats pour lesquels les donations étaient attribuées. Ainsi la compagnie Disney rejoint les entreprises qui se disent pro-LGBTQIA+ mais qui soutiennent des élus lgbtophobes.
L’information diffusée, les #BoycottDisney et #DisneyDoBetter fusent aussitôt. Les revendications des militants sont claires : que Disney cesse de financer des partis et des candidats qui s’en prennent à la communauté que l’entreprise dit protégée et soutenir.
Après cela, le CEO de Disney a envoyé un mail interne aux employés pour leur préciser qu’il ne souhaitait pas retirer ses financements. Au lieu de ça, il voulait « soutenir » les associations LGBTQIA+. Ce pourquoi le 18 mars, il verse un don de 5 millions de dollars auxdites associations. Don, qui sera refuser par l’Association Humans Rights Campaign (HRC). Leur argument : tant que l’entreprise n’agira pas pour empêcher d’autres projets de loi similaire à celui de la Floride, ils continueront de refuser quelconque don de leur part.
« Peu importe les opinions politiques personnelles de Bob (Chapek), il n’est pas un activiste et n’apporte aucun agenda partisan au travail. (…) Il pense que le meilleur moyen d’aider à créer un monde plus inclusif passe par le contenu inspirant que nous produisons, la culture accueillante que nous créons et les différentes organisations que nous soutenons. » Geoff Morrell (Chief Corporate Affairs Officer) (02/03/22)
– 2ème coup : Prises de parole médiatiques maladroites
« Nous comprenons à quel point la situation est importante pour nos employé.es LGBTQI+ et pour beaucoup d’autres. Pendant presque un siècle, Disney a été une force unificatrice qui a rassemblé les gens. Nous sommes déterminés à demeurer un endroit où tout le monde est traité avec dignité et respect. Le plus gros impact que nous produisons, la culture accueillante que nous créons ici et les organisations que nous soutenons, y compris celles qui représentent la communauté LGBTQI+ » Bob Chapek (03/03)
« Nous étions opposés au projet de loi dès le départ, mais nous avons choisi de ne pas prendre de position publique parce que nous pensions que nous pourrions être plus efficaces en travaillant dans les coulisses » Bob Chapek (09/03)
« Vous aviez besoin que je sois un meilleur allié dans le combat pour l’égalité, et je vous ai laissé tomber. Je suis désolé. » Bob Chapek (11/03)
Contrairement à son prédécesseur Bob Iger, Chapek est resté trop longtemps sur la réserve d’après les internautes. Il annonce publiquement que Disney est contre la loi Don’t Say Gay le 09 mars, alors que la Chambre des Députés et le Sénat s’est déjà prononcé sur la question. Ses propos et actions confus, tardifs, parfois incohérents se retournent contre lui :
« Disney doit réaffirmer l’engagement de l’entreprise à protéger et défendre son personnel LGBT+, même face au risque politique » prononce un militant lors d’une interview.
Quand il déclare avoir appelé personnellement le gouverneur de Floride, Dana Terrace (scénariste chez Disney) stipule que « cela montre simplement que Chapek avait le pouvoir de dénoncer ce projet de loi discriminant dès le départ, le pouvoir d’appeler le gouverneur de la Floride dès le départ, de faire quelque chose de bien dès le départ. »

Photo : gettyimages Dana Terrace (scénariste chez Disney)
Bien que Disney ait suspendu tous ses dons à la Floride, la nouvelle ne passe toujours pas auprès des militants We Say Gay.
– 3ème et dernier coup : Pixar
Une tribune interne provenant de chez Variety dénonce les cas de cut aux montages de scènes ouvertement homosexuelles dans les animations Disney/Pixar : « Cher Pixar, nous avons personnellement vu des histoires magnifiques, pleines de personnages variés, revenir de chez Disney réduites en miettes. Presque chaque moment d’affection ouvertement gay est coupé à la demande de Disney, peu importe les protestations des équipes créatives et de la direction de Pixar. Même si créer du contenu LGBTQ+ était la solution pour améliorer les législations discriminantes à travers le monde, il nous est interdit de le créer. Au-delà du « contenu inspirant » que nous ne sommes même pas autorisés à créer, nous exigeons une action (face à la proposition de loi Don’t Say Gay) »
https://www.chroniquedisney.fr/dossier/2022-disney-dont-say-gay.htm : « Ne Parlons Pas des LGBTQ+ : Disney et la loi ‘Don’t Say Gay’ »
La fin du conte
L’histoire qu’a vécu Bob Chapek et les autres dirigeants de Disney fut remplie de rebondissement et de déception. Bien que le CEO s’engage dorénavant à s’imposer avec force face à de nouveaux projets discriminants et allant à l’encontre des valeurs de l’entreprise, les fans, les employés, les associations LGBTQIA+ eux n’oublient pas.

