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(Article) Moida H. : un portrait journalistique

Dans le cadre d’un de nos cours : Rédaction Web que nous avions eu en L2, nous devions créer un site web où nous postions des articles d’actualités. Pour les ancien.nes c’était la première version de IN-JUSTICES (vous savez, première page avec des corbeaux).

Comme troisième article, l’enseignant nous a demandé de faire un portrait journalistique sur l’un.e de nos camarades de classe.

Sincèrement, c’est avec cet article que j’ai vite compris que les portraits ce n’étaient pas mon fort. Les portraits sur les personnes vivantes je précise (ça vous paraît glauque..?). J’ai conçu un format qui s’appelle Pour Ma Cause, où le but est de vous présenter des personnalités décédées brutalement pour leurs causes (il est bien trouvé mon titre, hein ?). J’ai beaucoup plus de facilité à écrire sur des personnes décédées que vivantes. Pourquoi ? Eh bien, grâce à ma tutrice de stage, j’ai compris que c’était parce qu’il y avait moins de risques de critiques (constructives je précise) de la part des personnes concernées, ou de leur proche etc. J’ai donc moins l’occasion de recevoir des retours parfois durs à entendre.

Alors clairement, si vous devez écrire un portrait journalistique, ne me prenez pas en exemple !! C’est un big conseil que je vous donne.

Il a été publié le 01/03/22.

Image d'une femme portant un voile mauve qui se cache le visage avec des fleurs de la même couleur. Ses vêtements sont également violets, tout comme le fond avec des nuances et des contrastes. L'ambiance est douce.

Illustration : Imen Gharbi

La salle de classe se fait bruyante et pour cause : l’exercice est donné, faire un entretien croisé en binôme. Le but ? Construire un portrait journalistique sur nos camarades de classe.

Je la regarde marcher jusqu’à ma table : elle me paraît plus petite que moi, son foulard sur sa tête est remis correctement. Elle s’installe, pose ses affaires et on se regarde.

Quelle première impression laisse-t-elle quand on la rencontre pour la première fois ?

Une attitude confiante, presque détachée mais sans pour autant être méprisante. Le feeling est bon comme on dit.

Elle se présente : Moida H, étudiante en deuxième année d’Information-Communication née à Mayotte. La conversation commence avec un peu de tension. Une première dans cet exercice pour nous deux. La timidité et l’appréhension se font ressentir mais nous essayons de passer outre.

Nous regardons le tableau, les consignes y sont inscrites. Je prends une petite inspiration et je me lance dans les questions.

Faire connaissance

HAL : « Qu’est-ce que tu aimes faire le plus ? »

Deux mots ressortent presque immédiatement : « danser » et « cuisiner ». Ma curiosité piquée à vif j’en demande plus. Je lui demande quel type de danse pratique-t-elle, elle me répond « de la danse traditionnelle. Ça s’appelle le m’biwi ». Elle aime danser seule ou en famille. Sans doute trop réservée pour se montrer aux yeux du public, Moida préfère garder ces moments festifs en intimité.

–> Vidéo : Musique et danse traditionnelle : M’biwi

HAL : « Une journée type en vacances, ça serait quoi pour toi ? »

Elle me répond qu’elle aime se détendre en vacances. Souvent stressée, elle a néanmoins appris à le gérer au fur et à mesure que les années ont passées.

– M.H : « Je suis très organisée, ça m’aide à ne pas stresser » Me confia-t-elle doucement.

Durant ses explications, je l’imaginais se balader à La Réunion, cherchant un endroit assez reposant pour expirer un grand coup. Pendant sa balade elle pourrait alors faire la deuxième chose qu’elle aime faire en vacances : découvrir des choses, des lieux. Curieuse de nouvelles expériences, elle s’épanouit dans ce qui touche à la culture, le tourisme, les visites non-guidées.

Une construction studieuse logique

Une pause pour boire de l’eau et on est reparties. Diplômée d’un BAC avec discipline communication et médiation, elle entre à la fac de l’Université de La Réunion en première année de sciences sociales (portail sciences de la société) puis, se décide à changer de filière pour celle d’Infocom. Comme dans son attitude méthodique et logique, Moida a choisi cette section pour une bonne raison. Ayant déjà les bases du fait de sa scolarité au lycée, les matières de communication et de médiation culturelle étaient loin d’être un mystère. Bien que ces côtés-là lui plaisent beaucoup, en ce qui concerne le journalisme, elle se sent perdue, les notions sont plus floues. Concernant la discipline, elle n’a pas vraiment de point fixe au sujet de l’avenir.

Moida HALIDI vue par ses proches ?

« Il y a beaucoup de gens qui me disent que je suis perfectionniste, mais ce n’est pas mon cas », me dit-elle avec une expression confuse.

Elle aime à ce que les choses soient faites correctement. Peut-être ses proches voient ce perfectionnisme en elle dû à la façon dont elle gère sa vie autant professionnellement que socialement ?

-HAL : « Tu peux parler de quoi avec tes ami(e)s ? »

-M.H : « Je peux à la fois parler de tout et de rien ». Son ouverture d’esprit et son vécu, lui permette une certaine compréhension des choses. Même si, elle me l’avouera pendant l’entretien, elle est assez maladroite avec les malentendus pendant les conversations. Les autres peuvent penser qu’elle s’en fiche ou elle peut avoir l’impression que quelqu’un se comporte mal avec elle alors que pas du tout.

Et comment Moida se voit ?

Deux qualités chez Moida selon elle : « Je suis très apte ». Ne comprenant pas trop, je lui demande de préciser et elle me répond « apte à tout. »

– HAL : « Ah, tu es débrouillarde ? » Elle hoche la tête vivement.

« Je ne me prends pas du tout la tête. Si quelque chose doit être fait, je le fais ».

Bien qu’elle ne soit pas du genre à « se prendre la tête », Moida est quelqu’un qui réfléchit beaucoup. Cette réflexion parfois intensive lui permet, si son intérêt est titillé à montrer son ambition à toute épreuve.

Nous avons parlé longtemps de certaines qualités qui paraissaient « banales », « communes » à tous-tes. Et après s’être rejointes sur certaines notions, je lui ai demandé deux défauts chez elle.

Cette fois-ci, elle a eu un peu plus de mal à m’expliquer et moi à comprendre le premier défaut qu’elle n’aimait pas chez elle. Défaut qui ressort parfois-même chez moi, c’est une faculté qu’on beaucoup d’êtres humains. Moida se sent mal, et est surtout énervée à chaque fois qu’elle ressent une perte de motivation au sujet d’un projet quelconque.

-HAL : « C’est frustrant ? »

Elle hoche la tête, et nous comprenons ensemble, à force de discuter de ce point, que c’est dû au fait de se comparer aux autres personnes que l’on voit tout le temps déterminées et motivées. Dans la société, ce type de personne sont glorifiées, mises en avant. Qu’importe l’obstacle devant eux, ils tiennent bon et c’est donc vraiment frustrant pour elle de ne pas pouvoir faire pareil. Elle aimerait pouvoir commencer quelque chose et le finir, tout ça sur une même courbe d’énergie, mais ce n’est souvent pas le cas.

« Comme pour beaucoup d’entre nous » Lui ai-je assuré.

L’entretien se termine ainsi, par des échanges très plaisants et enrichissants. Avoir pu parler et interroger Moida H., m’a permise personnellement de travailler ma pratique au cours d’un entretien. Et en ce qui la concerne, on a pu débattre sur la musique, le mental, les crises d’angoisse, la gestion de l’anxiété, les cours…

Quand on est à la Fac, pris entre deux cours et un travail à rendre, ça peut être difficile de trouver le temps de parler à ses collègues de promotion. Cet exercice nous a permis d’échanger des points de vue et des vécus différents, qui pourtant à certains moments se rejoignaient de façon étonnante.

Photo satellite de l'île de Mayotte (Océan Indien). Elle date du 14 août 2021.

Photo : Copernicus Sentinel Data (2021)

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