Blogs professionnel et personnel, avec des articles de société, d'actus, des photos, des récits d'un étudiant en Infocom.

(Article) Batsirai : Un cyclone qui a tout retourné

Dans le cadre d’un de nos cours : Rédaction Web que nous avions eu en L2, nous devions créer un site web où nous postions des articles d’actualités. Pour les ancien.nes c’était la première version de IN-JUSTICES (vous savez, première page avec des corbeaux).

Comme deuxième article, c’était le choix de l’enseignant, ici le cyclone Batsirai qui a touché La Réunion mais plus particulièrement Madagascar.

La règle était de n’utiliser que des sources de Madagascar.

Il a été publié le 15/02/22.

Madagascar, qui venait à peine de sortir d’une tempête nommée Ana, s’est vu plonger dans une autre catastrophe naturelle : le cyclone Batsirai.

Dégâts et pertes importants

La tempête Ana venait à peine de quitter les terres de Madagascar, laissant derrière elle 41 décès (montées des eaux) ; 110 394 sinistrés et 71 781 déplacés ; des dégâts matériels relatant les chiffres de 8 927 habitations inondées et de 58 complètement détruites.

Route inondée dans la région de Vohiparara. (06/02/22)

Photo : REUTEURS, Christophe Van Der Perre

Inondations, éboulements, affaissements : c’était dans ces états qu’étaient les routes après le passage de Batsirai : cyclone tropical de type intense. Empêchant par conséquent l’accès à de nombreuses villes et districts du côté Sud-Est de la Grande Île. Une situation qui complique les constats de décès qui semblent augmenter jours après jours, notamment dans ces régions-ci.

Voir : tableau ci-dessous :

AnkarimbeloAtondigaTanakambaIkongoTolongoina
443091015

(101 décès dans la région d’Ikongo selon le député Brunelle RAZAFINTSIANDROFA) : CHIFFRES NON OFFICIELS

Le BCGRC (Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes), lui, a déclaré vendredi dernier 120 décès.

Photo d'un bâtiment d'école dont le toit s'est envolé à cause des rafales de vent.

Bâtiment dont le toit s’est envolé par les rafales de vent. Photo : igersmadagascar (Instagram)

Des pertes humaines mais aussi des dégâts matériels à n’en plus finir :

Le secteur de l’éducation est le plus touché dans les régions de la Grande Île. 2 562 salles détruites ; 126 salles reconduites en sites d’hébergement pour les réfugiés du cyclone se retrouvant sans logement. En conséquence, c’est 133 627 élèves qui se retrouvent privés de cours.

En parlant de privation, c’est aussi le cas pour les 124 468 sinistrés (constitués de 26 112 ménages). Sans oublier également les 29 567 de déplacés.

Sinistrées, déplacées, ces victimes font parties des plus de 7 400 cases (souvent faites de bois) complètement détruites ou encore des plus de 2 700 habitations endommagées par les intempéries de Batsirai.

Dans le secteur de la santé c’est 50 hôpitaux qui sont détruits.

Un garçon fouille parmi les débris sur la plage, au lendemain du cyclone Batsirai, dans la ville de Mananjary, Madagascar, 08/02/22

Photo : REUTEURS/ Alkis Konstantinidis

Madagascar appelle à l’aide

Le Président, Andry Rajoelina s’est décidé à lancer un appel à la solidarité aux organismes étrangers pour venir en aide à Madagascar.

Ainsi, des vivres : majoritairement du riz ont ou seront envoyés au sein des régions qui en auront le plus besoin. Un avion-cargo de l’armée Française devrait atterrir dès ce dimanche 13/02. Mais pas seulement, la protection civile de l’UE, l’UNDAC, la Map Action, Télécommunication d’urgences devraient également venir en aide aux régions les plus touchées. La Suisse a elle aussi fait don de 300 000 francs. Or, selon lagazette de Madagascar, ce ne serait toujours pas assez car l’île aurait « besoin de plusieurs milliards d’Ariary » pour concevoir les nombreuses reconstructions attendues et annoncées par le gouvernement.

Des promesses… des promesses…

Après toutes ces dégradations, on s’attendrait à des prises de décisions logiques et réalistes, or, selon certaines sources de journaux malgaches, le Président Rajoelina en aurait décidé autrement.

De nombreuses annonces ont été faites, des projets de reconstructions ET de nouvelles constructions aussi :

– Projet de constructions de gymnases (utiles à la fois pour les rencontres sportives mais surtout pour y placer les réfugiés des catastrophes naturelles)

– Projet de cliniques mobiles (dont les soins seront gratuits pour les habitants)

– Projet de construction d’une EPP (École Primaire Publique), à Anivorano

Le dernier projet, qui est sans doute le plus attendu pour recommencer à vivre normalement, fera quand même l’objet d’un contrôle d’un comité de suivi. La raison : s’assurer qu’il n’y ait pas de détournement de fonds.

Bien que toutes ces déclarations puissent rassurer la population par rapport à leur situation ; la majorité des Malgaches restent tout de même confus quant à la décision du président Rajoelina à maintenir son projet de téléphérique. (Projet qui doit relier plusieurs districts entre eux.)

Le même projet qui continue d’être la source de tensions au sein du régime politique : en résumé : certains membres du gouvernement remettent en cause cette installation, les difficultés d’accès dans les districts fortement touchés par Batsirai renforcent l’idée qu’il y aurait d’autres projets dans lesquels investir.

Cette remise en cause a été très mal reçue par le président lui-même et quelques-uns de ces adeptes. S’en est suivi des menaces publiques, des « punitions ». Tout ceci alimentant encore plus les tensions entre la population qui se sent délaissée, et le gouvernement lui-même en conflit.

Alors… comment tenir toutes ces promesses quand Madagascar, qui ne s’est pas encore remise de ces deux dernières catastrophes naturelles se voit sous les projecteurs de deux nouveaux risques météorologiques ?

Photo météorologique montrant le cyclone Batsirai qui fonce sur l'ile de Madagascar.

Laisser un commentaire